Les grandes politiques de formation ne naissent pas dans les services RH : elles se décident aussi au niveau européen. Depuis 2021, l'Union s'est donné un objectif chiffré qui structure les politiques nationales — et, par ricochet, les obligations des employeurs : d'ici 2030, au moins 60 % des adultes devraient participer à une formation chaque année.
Un cap fixé à Porto
L'objectif figure dans le plan d'action du socle européen des droits sociaux, présenté par la Commission européenne en mars 2021 et endossé lors du sommet social de Porto en mai 2021. Le plan fixe trois grands objectifs pour 2030 : un taux d'emploi d'au moins 78 % pour les 20-64 ans ; au moins 60 % des adultes participant à une formation chaque année ; et une réduction d'au moins 15 millions du nombre de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale, dont 5 millions d'enfants. Le premier principe du socle porte d'ailleurs explicitement sur « l'éducation, la formation et l'apprentissage tout au long de la vie ».
Pourquoi 60 % ?
Parce que les compétences se périment plus vite que les carrières. Transitions numérique et verte, automatisation, pénuries de main-d'œuvre qualifiée : la Commission considère la montée en compétences (« upskilling ») et la reconversion (« reskilling ») comme les conditions d'une économie compétitive et d'une société résiliente. Un adulte sur deux qui ne se forme jamais dans l'année, c'est un vivier de productivité et d'employabilité qui s'érode silencieusement.
Où en est-on ?
Chaque État membre a traduit l'ambition européenne en engagement national. Selon la Commission, la somme de ces engagements nationaux porte la participation des adultes à la formation à environ 57,6 % à l'horizon 2030 — proche de la cible collective, à condition que chacun tienne sa trajectoire. Les progrès sont suivis dans le cadre du Semestre européen et du tableau de bord social.
Ce que cela change pour un employeur belge
La Belgique a pris les devants : le droit individuel à cinq jours de formation par an (loi du 3 octobre 2022) et le plan de formation annuel obligatoire dans les entreprises d'au moins 20 travailleurs sont la traduction nationale la plus concrète de cette ambition. Les Régions complètent le dispositif par des incitants financiers — KMO-portefeuille en Flandre, Chèque-Formation en Wallonie, congé-éducation payé à Bruxelles. L'objectif européen n'est donc pas une abstraction : il irrigue déjà le droit et les budgets que mobilisent les entreprises belges.
De l'intention à la pratique
Atteindre 60 %, ce n'est pas multiplier les catalogues : c'est faire en sorte que chaque travailleur suive réellement, chaque année, au moins une formation utile — et pouvoir le démontrer. Cela suppose de mesurer la participation, de relancer les absents, de tracer les certificats et de planifier les recyclages. C'est le métier d'une plateforme comme Remind-R, qui transforme un objectif statistique en calendrier concret : inscriptions, rappels automatiques, présences et attestations, sans friction administrative.